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Galerie Dreyfus

68 - JEAN-BAPTISTE PATER (VALENCIENNES, 1695 – PARIS, 1736) Le Co…

Estimation 160 000 € - 200 000 €
Description
JEAN-BAPTISTE PATER (VALENCIENNES, 1695 – PARIS, 1736) Le Concert champêtre et La Cueillette des roses Vers 1725 Huiles sur toile (une paire) 52 x 65,4 cm. Certificat René Millet Expertise Ces deux tableaux aux dimensions identiques et aux compositions qui se répondent ont été conçus comme une paire. Ils s’offrent à première vue de façon parfaitement symétrique. Dans l’ombrage d’un bouquet d’arbres, un même nombre de personnages, sept, s’articulent autour d’un couple principal, assis au centre de la composition. Inversement brossé dans chaque toile, le décor où évoluent nos personnages montre un paysage champêtre avec un village à l’horizon puis, plus près de nous, décentré, ce bouquet d’arbres légèrement en surplomb qui offre une assise à ces promeneurs élégants. En revanche, le tout premier plan, un chemin de terre, est laissé vacant avec les quelques accessoires qui donneront leur titre au tableau : une partition ici, une corbeille de fleurs là. Le spectateur, mis ainsi à distance, est sitôt renseigné sur le sujet de chaque scène représentée. Pour autant, il s’agit ici, nonobstant les titres, de dépeindre des scènes galantes entre des couples d’aristocrates partis s’égayer dans la campagne. Et nos deux pendants semblent dès lors dialoguer. Aux invariants que sont les deux couples de chaque scène, s’ajoutent des personnages secondaires, majoritairement des enfants, qui évoluent autour des protagonistes avec plus ou moins de complicité ou d’indifférence. Ainsi, cette fillette tantôt dans les bras de son ainée, tantôt s’aventurant à cueillir des fleurs de l’autre côté du chemin. Les couples galants se répondent, quant à eux, d’un tableau à l’autre avec subtilité. Leurs tenues peu adaptées aux circonstances et aux lieux renforcent cette impression d’insouciance voire d’incongruité. La femme somptueusement vêtue d’une robe à la française en taffetas de soie dans le Concert champêtre trouve sa réplique, légèrement plus agreste, dans la Cueillette des roses avec un tablier qui lui ceint la taille. Objets de tous les désirs, elles attirent le regard dans leurs parures aux teintes irisées roses et blanches, étincelantes. Leurs compagnons, empressés à leurs côtés, leur offrent un contrepoint avantageux dans leur costume rouge de comédiens. L’un joue de la guitare quand l’autre se contente de conter fleurette... Nous en sommes aux préliminaires. Les deux autres couples, en retrait, sont, eux, déjà enlacés. L’un nous tournant le dos, l’autre nous faisant face, ils nous dévoilent l’étape à venir dans cette relation amoureuse. Le peintre joue ici avec leurs attitudes en miroir comme s’il s’agissait du même couple. Les jupes de taffetas vert émeraude des jeunes femmes sont identiques ainsi que les vestes brunes de leur amant, renforçant encore un peu plus l’illusion d’une même scène qui se jouerait d’un tableau à l’autre. Cette atmosphère de marivaudage bucolique, se déroule sous les auspices de petits amours qui surplombent les personnages. Figurés sous forme de sculptures qui peupleraient un parc, ces putti révèlent, s’il en était encore besoin, le véritable sujet de ces tableaux. Motifs largement répandus de cette peinture de genre, leur présence en pleine campagne, loin d’être anecdotique revêt des allures allégoriques, que l’on retrouve notamment chez son contemporain Lancret.
À propos de la vente Vente Dreyfus
Lieu de vente
Date 28/07/2026 à 16h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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