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Galerie Dreyfus

78 - PIERRE – LÉON TESSIER (1824 – 1885) Courbet et les amis arti…

Estimation 16 000 € - 20 000 €
Description
PIERRE – LÉON TESSIER (1824 – 1885) Courbet et les amis artistes 1877 Huile sur toile 50 x 80 cm. Signé et daté en bas à gauche « Léon Tessier, 1877 » Provenance Vente Chochon – Barré & Allardi, 16 mars 2001, lot n°356, avec Alexander Kahan Fine Arts Ltd, New – York. Par une belle après – midi, cette assemblée d’amis s’est réunie dans un jardin dont les plantes fleuries nous annoncent le printemps. On devise, on joue et bientôt on sirotera car une servante sort de la maison avec un plateau garni de verres et d’une bouteille de vin. Au centre, autour d’une table ronde, une partie d’échecs est en cours. Parmi les deux protagonistes, on reconnait sur la droite, Gustave Courbet, débonnaire, négligemment adossé à son fauteuil tandis qu’une femme se tient à ses côtés, attentive au jeu. En face, son partenaire s’apprête à jouer, tirant sur sa pipe. Il s’agit aussi d’un peintre si l’on en croit sa vareuse blanche. Enfin, un troisième personnage attablé suit avec intérêt la partie. Derrière eux, sur un banc, un couple discute tandis qu’une fillette munie d’un cerceau s’appuie sur l’épaule de sa mère. Enfin, au premier plan, un garçonnet fait tourner sa toupie devant une fillette émerveillée, sous le regard bienveillant de leur mère accroupie à leurs côtés. L’ambiance est douce, sereine, familiale. La facture est précise, descriptive et se veut réaliste comme celle de Courbet dont Pierre Léon Tessier semble faire le portrait en société, à l’instar des « réunions d’artistes » de Fantin – Latour mais dans une version plus bucolique. La nature est d’ailleurs très présente par le choix de ce jardin bourgeois peu apprêté, prétexte à montrer une végétation prolifique. Les arbres obstruent ici l’horizon, enserrant les personnages dans un écrin de verdure. Nous sommes à la campagne. Si l’on sait peu de choses de Pierre – Léon Tessier, on peut suivre en revanche, avec précision, la vie mouvementée de Gustave Courbet (1819 – 1877) dont on imagine dans cette œuvre l’exil en Suisse. Cependant, peint l’année de sa mort, il s’agit plus probablement d’un tableau souvenir en hommage au chef de file du courant réaliste. Fils d’agriculteur, Courbet est très proche de la nature. Il débute à 20 ans son apprentissage de la peinture dans l’atelier de Charles de Steuben (1788 – 1856) à Paris et fréquente régulièrement le Louvre où il admire la peinture hollandaise et espagnole du XVIIe siècle et copie aussi Géricault. Il prend alors un atelier et se lie d’amitié avec les artistes Bohème, notamment Baudelaire (1821 – 1867). Après un voyage en Hollande où il découvre Rembrandt et Hals, il retourne chez lui à Ornans pour opérer un changement radical dans sa peinture qu’il qualifie lui – même de « réaliste ». Son chef – d’œuvre, Un Enterrement à Ornans, aujourd’hui au musée d’Orsay, fera scandale au Salon de 1851, considéré comme trop réaliste voire socialiste. Désormais sa peinture choque, ses nus féminins, trop sensuels, sont jugés dégradants. Il n’abandonne pas cependant le paysage, parcourant le Languedoc, la Normandie et les Charentes où il peint et expose même avec Corot. Membre actif de la Com- mune de Paris en 1871, il est condamné à financer la reconstruction de la colonne Vendôme. Ruiné, il s’exile alors pour la Suisse où il reprend une activité prolifique et connait une notoriété internationale. Il doit alors s’entourer de collaborateurs pour répondre aux demandes. Cette assemblée d’artistes de Tessier témoigne de cette dernière période de sa carrière.
À propos de la vente Vente Dreyfus
Lieu de vente
Date 28/07/2026 à 16h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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