Galerie Dreyfus
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MAURICE UTRILLO PARIS, 1883 – DAX, 1955)
La Maison de Berlio…
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MAURICE UTRILLO PARIS, 1883 – DAX, 1955)
La Maison de Berlio…
Estimation 20 000 € - 25 000 €
Lot volontaire
Description
MAURICE UTRILLO
PARIS, 1883 – DAX, 1955)
La Maison de Berlioz à Montmartre
Vers 1910
Crayon, aquarelle et gouache sur papier
28,3 x 36,6 cm.
Signé en bas à droite « Maurice, Utrillo, V,»
Provenance
Galerie Alfred Flechteim, Berlin ; acquis de celle-ci, à la fin des années 1920
puis par descendance jusqu’au présent propriétaire.
Certificats
Comité Utrillo.
Occupant l'angle de rues escarpées qui offre une courte pause au passant dans son
ascension, cette maison basse éblouit par sa blancheur irradiante au milieu d'un habitat
terne et minéral. Singulière par sa forme cubique et sa taille menue, isolée de ses voisines
par un mur tout aussi blanc qui la précède et la prolonge, cette bâtisse trapue fait figure
de résistante dans une ville moderne qui gagne sans cesse du terrain et de la hauteur, la
ceignant d'immeubles qui la dominent et sortent du cadre. Sa simplicité réside aussi dans
l'asymétrie d'un pignon borgne à l'unique fenêtre décentrée qu’une gouttière zigzagante
balafre en son centre. Enfin deux petites cheminées blanches la couronnent, achevant de
lui imprimer ce charme rustique du dépareillé. Derrière ses murs de clôture, on devine
un vaste jardin dont les arbres verdoyants s'alignent comme un rempart à l'urbanisation.
Chroniqueur scrupuleux du paysage montmartrois, Utrillo nous offre ici le témoignage d'un
village disparu, l'instantané d'une époque bientôt révolue. Située à l’angle des rues Saint-
Vincent et du Mont-Cenis, aujourd'hui détruite, cette maison fut habitée par le compositeur
Hector Berlioz (1803-1869) de 1834 à 1837, qui y coula des jours heures avec sa femme
et son fils, « Nous sommes si tranquilles ici dans notre ermitage. Il n'y a que les rossignols
qui, tout le jour et toute la nuit, chantent sous mes fenêtres et commencent à me fatiguer.»
(Lettre à Adèle; 29 avril 1834). Quand Utrillo entreprend de la peindre, elle sert désormais
d'atelier à Georges Braque (1882-1963). Elle sera l'objet de plusieurs toiles de l'artiste qui
manifestent l'évolution de son style. Une version datée de 1914 et conservée au musée de
l'Orangerie relève notamment de sa période blanche qui commence à s'exprimer dans notre
version, antérieure de quelques années.
Maurice Utrillo (1883-1955) est un peintre français qui se consacre principalement aux paysages
urbains. Fils de la peintre et modèle Suzanne Valadon, mais de père anonyme, il va connaitre une vie perturbée, sous l’emprise de l’alcoolisme. Reconnu tardivement par le peintre catalan Utrillo, amant de sa mère, il en prendra le patronyme en 1891. Baignant dans le milieu artistique bohême de l’entourage maternel, il est encouragé à la peinture par sa mère. Sa signature témoigne de l’attachement qu’il lui porte avec le « V. » final pour « Valadon ». Formé chez le peintre Alphonse Quizet, il s’installe à Montmartre qu’il choisit comme sujet de prédilection de sa peinture. Il en peint rues et cafés, qu’ils fréquentent assidument, où se glissent parfois de rares silhouettes humaines.
Durant sa « période blanche » (1909-1914), il utilise le zinc qu’il mélange au plâtre pour traduire
la décrépitude des murs de Montmartre.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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