Galerie Dreyfus
93
-
VIVARINI (atelier) (VENISE, XVE-XVIE SIÈCLE)
Saint Louis de …
93
-
VIVARINI (atelier) (VENISE, XVE-XVIE SIÈCLE)
Saint Louis de …
Estimation 30 000 € - 38 000 €
Lot volontaire
Description
VIVARINI (atelier)
(VENISE, XVE-XVIE SIÈCLE)
Saint Louis de Toulouse
Environ 1500
Tempera et or sur panneau
126 x 39 cm
Doté de tous les attributs de l’évêque, mitre et crosse, Saint Louis de Toulouse esquisse
un geste de bénédiction de sa main gauche gantée. De l’autre, il rabat le pan de sa chasuble
tout en serrant un codex et en maintenant sa crosse. Si aucune inscription ne vient identifier ce
saint, deux éléments permettent néanmoins de le reconnaitre. Sa chasuble bleue fleurdelisée,
emblème de la famille royale de France, authentifie qu’il est un prince de sang quand sa robe
de bure monacale qu’on aperçoit sous sa chasuble avec son capuchon qui recouvre ses épaules
témoigne de son appartenance à l’ordre des Frères mineurs de saint François d’Assise. Pas
d’auréole ici, le fond or fait office de sanctification.
Saint Louis d’Anjou, ou Saint Louis de Toulouse (1274-1297) est le fils de Charles
II, dit le Boiteux, roi de Naples, comte de Provence, d’Anjou et du Maine. Alors que ce
dernier est fait prisonnier par le roi Pierre III d’Aragon lors d’une bataille navale destinée à
récupérer la Sicile perdue en 1282, il sert de monnaie d’échange avec ses deux frères pour
le remplacer en prison. Très pieux, Louis fait le vœu d’entrer dans l’ordre des Franciscains
et renonce à ses droits à la couronne en faveur de son frère cadet Robert. Libéré en 1295, il
prononce ses vœux dans l’ordre des franciscains. En 1296, le Pape Boniface VIII le nomme
évêque de Toulouse, poste qu’il accepte à condition de garder la bure franciscaine. Durant
son bref ministère à Toulouse, il consacrera tous ses biens, ainsi que les revenus de son évêché
à aider les pauvres et les malades, les servant même humblement à sa table. Se rendant à
Rome pour la canonisation de son grand-oncle Louis IX (Saint Louis), il meurt dans sa ville
natale de Brignoles, épuisé par la tuberculose qui le mine depuis sa captivité. Ses reliques
sont transférées dans l’église des franciscains de Marseille, avant d’être volées par les troupes
d’Alphonse V d’Aragon et déposées dans la cathédrale de Valencia en Espagne. Des miracles
lui ayant été attribués après sa mort, il est canonisé le 17 avril 1317 par le Pape Jean XXII.
Très vénéré, Saint Louis de Toulouse fait l’objet de nombreuses représentations dont la plus
notable est le retable à connotation politique réalisé l’année de sa canonisation par Simone
Martini sur la commande de Robert d’Anjou, roi de Naples, où il se montre agenouillé
couronné par son frère. Si dans le retable de Martini le saint sur son trône occupe le panneau
central, dans notre panneau la composition tout en longueur révèle qu’il s’agit plutôt du
volet d’un retable qui en comportait plusieurs de part et d’autre d’un panneau central.
D’origine padouane, la famille Vivarini travaille à Murano des années 1440 jusqu’au début
du XVIe siècle. Antonio Vivarini (1415-1480), l’aîné de la dynastie, est connu pour avoir peint à
fresque, avec l’aide de Giovanni d’Alemagna (1411-1450), son beau-frère, une partie de la cha-
pelle Ovetari de l’église des Eremitani de Padoue. Antonio peint à plusieurs reprises des pan-
neaux représentant Saint Louis de Toulouse dont deux sont conservés au musée du Louvre
(voir ci-dessous). En 1450, Bartolomeo Vivarini (1432-1499), frère d’Antonio, entre dans l’entre-
prise et fait évoluer le style de l’atelier vers le gothique international. Ensemble, ils travaillent à
la chartreuse de Bologne et à l’église Saint-François de Padoue.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
Vous aimerez aussi