Galerie Dreyfus
94
-
MAURICE DE VLAMINCK (PARIS, 1876 – RUEIL-LA-GADELIÈRE, 1952)…
94
-
MAURICE DE VLAMINCK (PARIS, 1876 – RUEIL-LA-GADELIÈRE, 1952)…
Estimation 40 000 € - 50 000 €
Lot volontaire
Description
MAURICE DE VLAMINCK
(PARIS, 1876 – RUEIL-LA-GADELIÈRE, 1952)
Fleurs
Vers 1910 – 1920
Huile sur toile
72 x 53 cm.
Signée en bas à droite « Vlaminck »
Certificat Wildenstein Institute
Entre ciel et terre, entre le bleu et l’ocre, entre un espace éthéré et un support concret.
Si l’art de peindre des bouquets de fleurs est chez certains artistes un exercice de style, chez
Vlaminck c’est l’expression intense du sien. Chaque nouvelle composition est pensée comme
un paysage, travaillée comme un « morceau » de peinture. Ici, en particulier, le fond, traité
comme un ciel délavé, laisse filtrer la lumière à travers les nuées. La palette de bleus délayés,
qui occupe la quasi-totalité de la toile comme dans un paysage hollandais, offre un contraste
presque palpable avec le bois de cette table lustrée, au contour bien dessiné. Vlaminck joue
avec les effets de profondeur et de matières, révélées par les contrastes de sa touche, des
tonalités et des lumières. Il ne cherche pas à figurer un espace réel ni même plausible. Le jeu
d’ombres est ici purement plastique pour souligner les couleurs ou affirmer les plans, comme
cette ombre rectiligne du vase qui ignore sa forme en balustre. De même, la lumière, bien
qu’émanant de la gauche, tolère l’ombre bleu foncé du vase sur le fond qui n’a de sens que
pour intensifier le reflet lumineux sur le vase, et partant, son volume. Mais tout ce décor,
brossé à larges traits, a pour finalité de servir d’écrin au bouquet dont fleurs et branchages
jaillissent du fut bombé. Là, la touche s’affine, se précise, décrit. La minutie des pétales et
des clochettes, l’intensité des couleurs franches – rouge, blanc, vert –, la position centrée…
tout concourt à magnifier cette explosion florale. Une fois de plus, Vlaminck réussit le tout
de force de réinventer la nature morte en une manifestation vivifiante et joyeuse.
Maurice de Vlaminck (1876-1952) est un peintre d’origine belge, autodidacte. Il se fait connai-
tre, dès 1905, pour sa participation au Salon d’automne qui fit scandale. Avec ses amis Derain,
Matisse et Dufy, il initie un nouveau style qualifié de « fauve » par la critique et caractérisé par
des couleurs vives et pures appliquées en larges aplats et sans références directes à l’objet pe-
int. Si le mouvement ne perdure guère au-delà des années 1910, toute l’œuvre de Vlaminck
en restera néanmoins empreinte. A partir de 1907, il découvre l’œuvre de Cézanne qui sera sa
deuxième grande révélation et aura une grande influence sur ses compositions de paysages.
En revanche, son aversion pour Picasso et le cubisme, l’opposera pendant la seconde guerre
mondiale au maitre espagnol et à une avant-garde dont il pourtant avait été un membre actif.
La peinture de Vlaminck est généreuse et spontanée. A la frontière du figuratif, son style, aux
touches largement brossées et aux couleurs saturées, doit autant à l’œuvre de Van Gogh, pour
son goût des empâtements qu’à celle de Cézanne, pour ses constructions spatiales osées.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
Vous aimerez aussi