Premium ID FACTO ENCHERES PARIS
300
-
Sofu TESHIGAHARA (1900-1979) Le Mont Fuji
Paravent à six feu…
300
-
Sofu TESHIGAHARA (1900-1979) Le Mont Fuji
Paravent à six feu…
Estimation 8 000 € - 12 000 €
Lot volontaire
Description
Sofu TESHIGAHARA (1900-1979)
Le Mont Fuji
Paravent à six feuilles
cachet en haut à gauche
173 x 373 cm
CR quelques petits soulèvement et craquelures sur le panneau 3 et 5 et 6
au dos des taches au dos au niveau des charnières
6 bronzes sur les panneaux extérieurs.
Expert : Cabinet CHANOIT
Figure majeure de l'art japonais du XXᵉ siècle, Sofu Teshigahara est universellement reconnu comme le grand maître de l'ikebana, l'art de l'arrangement floral cultivé au Japon depuis des siècles.
Fondateur de l'école Sōgetsu, il a profondément renouvelé cette discipline en lui insufflant une liberté créatrice inédite et en la rapprochant des courants de l'art moderne. Il a exposé pour la première fois comme sculpteur au musée Bridgestone de Tokyo en 1957, puis a acquis une reconnaissance en Occident grâce au critique et commissaire d’exposition français Michel Tapié, qui a organisé sa première exposition personnelle européenne à la galerie Stadler à Paris en 1959. Dans des notes personnelles écrites lors de son premier voyage au Japon en1957 , Tapié s'enthousiasme :
« Lors de ma première rencontre avec [Teshigahara], j'ai senti que j'étais face à l'un de ces talents créatifs exceptionnels, capable de présenter son œuvre au monde. Ce genre de créativité est rare. Après Picasso, seule l'œuvre de Pollock m'a autant impressionné. »²
Parallèlement à son œuvre florale, Teshigahara développe une production plastique d'une remarquable diversité. Il réalise des sculptures en pierre et en bois, utilisant troncs, racines et branches tourmentées dont les formes dynamiques et presque baroques semblent dépasser les modèles de la nature elle-même. Certaines de ses créations associent le bois à des revêtements métalliques, notamment de cuivre ou d'aluminium, dans un dialogue subtil entre matière organique et modernité industrielle. « Le public japonais regarde les sculptures de Teshigahara comme des Ikebanas, peut-être devrions-nous regarder ceux-ci comme des sculptures », dira le célèbre critique Michel Tapié.
Certains paravents présentés témoignent de son exceptionnelle maîtrise du geste calligraphique : de larges caractères y déploient leur énergie jusqu'à frôler l'abstraction, transformant la surface en un véritable espace de création picturale. Teshigahara pratique donc la calligraphie à une échelle monumentale, circulant dans l’espace qu’il couvre d’un lacis généreux marchant tel Pollock sur la toile ou le tissu à même le sol avec son pinceau gigantesque. Il puise son inspiration dans les grands thèmes du paysage japonais, du mont Fuji aux étendues marines, mais semble aussi influencé par le courant japonais Gutaï. Les paravents à fond or sont parmi les plus recherchés par les collectioneurs.
Les encres et aquarelles révèlent quant à elles une sensibilité plus contemplative, et très gestuelle.
Cet ensemble de paravents, sculptures et œuvres sur papier offre ainsi un aperçu particulièrement complet de la richesse artistique de Sofu Teshigahara, dont l'œuvre se situe à la croisée de la tradition japonaise et de l'avant-garde internationale.
Ses œuvres ont été collectionnées par les plus grands tels l’artiste Antoni Tapiès, le critique Michel Tapie, le palazzo Grassi à Venise, l’ambassade de France au Japon, le Stedelijk Museum à Amsterdam, de nombreuses collections publiques et privées en Australie, Israël, Italie, Etats-Unis, Japon.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
Vous aimerez aussi