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Thomas Compigné (actif à Paris entre 1748 et 1778) "Seconde …
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Thomas Compigné (actif à Paris entre 1748 et 1778) "Seconde …
Estimation 1 000 € - 1 500 €
Lot volontaire
Description
Thomas Compigné (actif à Paris entre 1748 et 1778)
"Seconde vue de Marseille"
Médaillon en étain estampé, polychromé à la gouache, doré et vernis sur fond d'écaille.
Mention sur le bord "Seconde vue de Marseille... St Jean exécuté sur le tour par Compigné tourneur du Roi à Paris d'après le tableau original de Mr Vernet peintre de Sa Majesté".
Diam. 7,5 cm.
Sans cadre.
Petits manques
Provenance : collection particulière, Thouars.
Second View of Marseille after Vernet, polychrome tin on tortoiseshell ground by Thomas Compigné.
Thomas Compigné fait partie de ces personnalités artistiques à la biographie antagonique. D’une part, il se révèle être l’un des plus fameux tabletiers de la seconde moitié du XVIIIe siècle, célébré pour ses tableautins et tondi ornés de miniatures aux marines, vues de châteaux et d’Italie. D’autre part, il s’avère difficile de retracer son histoire, au regard d’une bibliographie relativement muette. Jusqu’alors présenté comme arrivé d’Italie vers 1750, il acquiert en réalité en qualité de "bourgeois de Paris" le fonds d'André Regnard Dandre, "peigner et tabletier privilégié suivant la Cour en conseil de sa Majesté" le 7 novembre 1748, comme nous l’apprennent les archives du notaire Nicolas Michel Leroux (AN ET LXV-306). La somme de 1.800 livres est payée à sa veuve, Madeleine Combe. Il établit son activité à l'enseigne du Roi David, rue Grenata.
Le Mercure de France ne tarde pas à remarquer en 1756, l’ingéniosité de son travail : "[Compigné] va incessamment mettre au jour différents dessins de sa composition, qu’il exécute sur l’écaille & sur le carton ; l’effet de ce travail est d’autant plus frappant qu’il représente le naturel. Ceux qui désireront les avoir sur or & sur argent, ou autres métaux, pourront les lui commander : il les rendra avec autant de précision que tells desseins Chinois, de fleurs, d’architecture, de païsage, & autres qu’on voudroit se procurer. Il double en écaille les tabatieres de carton: il raccommode les unes & les autres, & vend des deux expeces à tres-juste prix, en grous & en detail. On trouvera encore chez lui des assortimens de toutes expeces, en ce qui concerne la Tabletterie."
Sa technique reste mystérieuse, sinon des plus complexes. Il utilise effet un morceau d’étain estampé en relief, qu’il applique sur une feuille de composition amalgamée ou d’écaille, à l’instar des cinq médaillons présentés dans cette vente. Les compositions sont ensuite rehaussées à la gouache, au vernis et à l’or. Aujourd’hui, le nom du créateur est donné pour qualifier sa technique et ses objets.
Les compositions des « Compignés » sont inspirés de dessins qui « lui sont remis pour modèle », comme le précise l’Almanach du Dauphin en 1777. Parmi les cinq médaillons de cette collection, deux vues de Marseille sont réalisées "d’après le tableau original de Mr Vernet peintre de sa Majesté". Joseph Vernet se voit confier en 1753, la commande d’une série de 24 tableaux représentant les ports de France. Si seulement 15 sont finalement réalisés, deux sont consacrés au port de Marseille : L'entrée du port de Marseilles (1754, musée du Louvre, n°inv 8293) et L'intérieur du port de Marseille (1754, dépôt du musée du Louvre au musée National de la Marine, n°5OA3D). Compigné s’inscrit alors dans cette mode pour les vues d'après Vernet qu'encensent Diderot et toute la critique.
S’il profite d’un certain succès, remettant notamment un tableau d’écaille figurant "Les Malheurs réparés par la Bienfaisance", à la Dauphine Marie-Antoinette pour la fête de Noël 1773, son activité cesse en novembre 1778, par suite de la déclaration de sa faillite.
Brice Langlois
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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