Galerie Dreyfus
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MARTIN VAN CLEVE, L'ANCIEN (ANVERS 1527 – ANVERS 1581)
Scène…
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MARTIN VAN CLEVE, L'ANCIEN (ANVERS 1527 – ANVERS 1581)
Scène…
Estimation 400 000 € - 500 000 €
Lot volontaire
Description
MARTIN VAN CLEVE, L'ANCIEN
(ANVERS 1527 – ANVERS 1581)
Scène de kermesse villageoise avec la représentation de la farce
« Een cluyte van Plaeyerwater » (une motte de Plaeyerwater)
Vers 1600
Huile sur toile
170 x 291 cm.
Nous remercions le Dr. Klaus Ertz pour l’attribution à Martin Van Cleef l’Ancien, sur photo
Provenance
Collection privée, Paris.
Ici on danse, on ripaille, on s’amuse ! Dans ce village des Flandres, la fête bat son plein.
Même le temps est de la partie, radieux quoiqu’hivernal. Chacun est sorti revêtu de ses plus
beaux atours, des stands ont été dressés et même une scène, avec ses coulisses, où l’on joue
une farce animée. Les badauds se pressent en masse, attentifs à l’intrigue. Cependant, les
attractions sont nombreuses, éparpillées dans tout le village et remplissant toute la toile au
point que l’œil ne sait où se poser. Tandis qu’au premier plan une marmite géante propose
une soupe aux chalands, à coté on est attablé pour boire et jouer aux cartes. Plus loin, on
se combat en mêlée. De tous côtés on danse, en farandole ou en duo, au son des tambours
et des cornemuses. Plus on s’enfonce dans la composition, plus on découvre de nouvelles
saynètes, prosaïques voire triviales mais toujours pittoresques, qui témoignent de l’ambiance
de cette kermesse à l’aube du XVIIe s. dans une campagne flamande prospère. Toutefois,
une compagnie d’arbalétriers défile en arrière-plan qui nous rappelle les troubles causés par
les récentes guerres de religion. La grande tradition flamande des scènes de kermesses naît
au XVle siècle et connaît son apogée avec Pieter Brueghel l'Ancien (1525-1569). Fidèles
à cet esprit populaire, de nombreux artistes comme ici Martin van Cleve lui emboîtent le
pas, décrivant à leur tour ces réjouissances villageoises aux multiples personnages, au sein
desquelles l'œil du spectateur ne cesse de découvrir de nouveaux détails truculents. Ici, elle
présente la particularité d'illustrer en son centre une scène de théâtre sur laquelle les acteurs
jouent la farce populaire « Een cluyte van Playerwater ». Ce sempiternel sujet de l’adultère
raconte comment, caché dans la hotte d'un marchand ambulant, un mari jaloux découvre
son épouse infidèle attablée avec son amant, le prêtre du village. La popularité de ce sujet est
attestée par le nombre d'exemplaires existants, dont l’historien de l’art Klaus Ertz répertorie
vingt-huit versions. Si l’œuvre peinte est connue à travers de nombreuses versions, cette
composition en est la plus grande et a certainement été réalisée d’après le prototype perdu de
Pieter Bruegel l'Ancien. Un argument soutenu par de fausses signatures de Bruegel l'Ancien
précédemment trouvées sur d’autres copies et datées des années 1550.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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